LA CHENILLE PROCESSIONNAIRE DU PIN
La chenille processionnaire du pin, dont on apprécie assez peu la présence en raison des dégâts qu'elle occasionne, mérite cependant d'être étudiée.
Le papillon du même nom ne vit que quelques jours à l'air libre, après un certain nombre d'étapes bien précises, dans les arbres, sur terre et dans le sol.
On peut schématiquement représenter le cycle de vie du papillon processionnaire du pin. Les 8 étapes sont décrites ci-dessous.
La chenille processionnaire est la larve d'un papillon de nuit, le Thaumetopoea processionaria. Ce papillon pond des oeufs à la fin de l'été aux extrémités des branches des chênes. Vers la fin du mois d'avril éclosent de petites chenilles. Les jeunes chenilles sont oranges et nues. Après la 3ème mue, de la mi-mai jusqu'à juin, elles deviennent brunes et les premiers poils apparaissent sur le dos. En juillet, les chenilles fabriquent leur cocon. La métamorphose en papillon se produit en août. Les papillons ainsi formés vont à leur tour s'accoupler et pondre des oeufs.
1. Un soir d'été, les papillons processionnaires sortent de terre. Le mâle et la femelle s'accouplent. Le mâle meurt un ou deux jours après.
2. La femelle s'envole et va pondre entre 70 et 300 oeufs sur une branche de pin. Puis elle meurt à son tour.
3. Les chenilles éclosent 30 à 45 jours après la ponte. Elles se nourrissent avec les aiguilles du pin, et restent reliées entre elles par un fil de soie.
4. Au cours de leur croissance, les chenilles changent de couleur et ont de plus en plus de poils (jusqu'à 1 million). Ceux-ci peuvent se libérer avec le vent et provoquer des problèmes de santé aux hommes et aux animaux.
5. Les chenilles construisent un abri en soie en automne, sur la branche d'un pin, sortes de pelotes serrées faites de la peau des mues successives, de poils urticants et d'excréments. Puis elles passent l'hiver dans cet abri, ne sortant que la nuit pour entretenir leur nid et se nourrir.
6. Au printemps, la colonie conduite par une femelle quitte l'abri et se dirige vers le sol. C'est la procession de nymphose : toutes les chenilles se tiennent les unes aux autres et se déplacent en longue file. Une file peut compter quelques centaines de chenilles. Au bout de plusieurs jours, elles s'arrêtent dans un endroit bien ensoleillé. Puis chacune d'entre elles s'enfouit dans un trou de 10 à 20 cm.
7. Deux semaines plus tard, les processionnaires ont tissé des cocons individuels et se transforment en chrysalides. Elles vont rester dans cet état pendant plusieurs mois (ou parfois plusieurs années selon les régions).
8. Au bout de quelques mois, chaque chrysalide se métamorphose en papillon, toujours sous la terre. Et puis, un soir d'été, les papillons sortent de terre...
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Quelques liens pour aller plus loin :
Traitement possible contre les invasions :
http://www.jardin-bio.com et tapez "processionnaire" dans la case de recherche.
Dangers pour l'homme et les animaux :
http://www.vulgaris-medical.com. Dégâts Les chenilles se nourrissent des aiguilles des pins, entraînant une défoliation de l'arbre et en cas d'infestation massive, un affaiblissement important des arbres ouvrant la voie à d'autres ravageurs et parasites.
Les espèces attaquées sont le pin d'Alep, le pin maritime, le pin noir d'Autriche, le pin laricio et le pin sylvestre. Le cèdre est également parasité.

Les chenilles sont munies de minuscules poils très urticants qui se libèrent dans l'air. Les poils urticants se terminent en pointe et portent à leur extrémité de petits crochets. Ils se détachent facilement de la chenille lors d'un contact ou sous l'effet du vent. Par leur structure particulière, ces poils s'accrochent facilement aux tissus (la peau et les muqueuses) y provoquant une réaction urticarienne par libération d'histamine (substance aussi libérée dans les réactions allergiques). Ceci est à l'origine des symptômes suivants :
Contact avec la peau
Apparition dans les huit heures d'une éruption douloureuse avec de sévères démangeaisons. La réaction se fait sur les parties découvertes de la peau mais aussi sur d'autres parties du corps. Les poils urticants se dispersent aisément par la sueur, le grattage et le frottement ou par l'intermédiaire des vêtements.
Contact avec les yeux
Développement après 1 à 4 heures d'une conjonctivite (yeux rouges, douloureux et larmoyants). Quand un poil urticant s'enfonce profondément dans les tissus oculaires, apparaissent des réactions inflammatoires sévères avec, dans de rares cas, évolution vers la cécité.
Contact par inhalation
Les poils urticants irritent les voies respiratoires. Cette irritation se manifeste par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires dues à un bronchospasme (rétrécissement des bronches comme dans l'asthme).
Contact par ingestion
Il se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s'accompagne de symptômes tels que de l'hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales.
Une personne qui a des contacts répétés avec la chenille processionnaire, présente des réactions qui s'aggravent à chaque nouveau contact. Dans les cas sévères, il peut y avoir un choc anaphylactique mettant la vie en danger (urticaire, transpiration, oedème dans la bouche et la gorge, difficultés respiratoires, hypotension et perte de connaissance).
Ces propriétés urticantes persistent même après la disparition de la chenille. Leurs longs poils (soies) ne sont pas urticantes. Leur fort caractère urticant peut provoquer chez l'homme des réactions de démangeaison au niveau du cou, des mains et des yeux, mais aussi des œdèmes, des troubles oculaires et respiratoires. Le danger étant très important pour vos animaux domestiques : un chien atteint à la langue (qu'il peut avoir utilisé pour lécher les démangeaisons sur son corps) s'il n'est pas traité rapidement par des fortes doses de cortisone, risque la nécrose de la langue. Empêché par conséquent de se nourrir, il doit être euthanasié.
Traitement
Symptômes généraux
Les personnes qui, en plus des signes locaux, présentent des symptômes généraux tels que malaise, vertiges, vomissements, doivent être dirigées vers un hôpital.
Peau
Oter tous les vêtements et les manipuler avec des gants. Les vêtements seront lavés à température la plus élevée possible et séchés au séchoir.
Laver la peau abondamment à l'eau et au savon.
On peut éventuellement se servir de papier collant pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d'une épilation.
Brosser soigneusement les cheveux si nécessaire.
Les antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons. Consultez un médecin en cas de forte éruption cutanée.
Yeux
Les yeux doivent être rincés, de préférence chez un ophtalmologue après application d'une solution anesthésique locale. Après le rinçage, un examen minutieux des yeux excluera la présence de poils urticants résiduels. Les poils profondément ancrés dans les tissus oculaires doivent être ôtés chirurgicalement.
Voies respiratoires
L'évaluation des symptômes respiratoires se fait par un médecin. Celui-ci donne un traitement adapté aux symptômes. Le traitement comporte des antihistaminiques et/ou des corticoïdes et des aérosols ou des nébulisations.
Système digestif
Diluer la quantité de poils ingérés en buvant un grand verre d'eau. On peut tenter d'enlever les poils de la muqueuse de la bouche en raclant prudemment à l'aide d'une spatule ou d'une compresse ou en les "épilants" à l'aide de papier collant. Une endoscopie sous anesthésie générale est souvent nécessaire pour extraire les poils urticants profondément ancrés dans les muqueuses de la bouche, de la gorge ou de l'oesophage.
Prévention
Les personnes précédemment atteintes par la chenille processionnaire doivent éviter tout nouveau contact, des réactions de plus en plus sévères sont à craindre. Ceci est particulièrement important pour les personnes qui, de par leur profession, fréquentent régulièrement des lieux infestés. L'éviction peut se faire par le port de vêtements de protection : gants et bottes de caoutchouc, combinaison de protection étanche, masque et lunettes anti poussières.
Les poils urticants sont facilement dispersés par le vent. Dans les régions où sévissent les chenilles, certaines précautions sont recommandées :
• ne pas sécher le linge dehors de mai à septembre
• laver soigneusement les légumes du jardin
• arroser la pelouse pendant quelques jours avant de la tondre pour que les poils
urticants soient entraînés dans le sol
• ne pas laisser jouer les enfants à proximité d'un arbre atteint. A distance, les munir
de vêtements à longues manches, de pantalons, d'un couvre-chef et éventuellement
de lunettes.
Moyens de lutte
Pour les petites surfaces :
• Lutte mécanique : pour les surfaces réduites (parcs et jardins), elle consiste à enlever et à détruire les pontes et les nids. Dans ce cas, il convient de se protéger de tout contact avec les poils urticants des chenilles. Il est conseillé d'utiliser un échenilloir qui est un sécateur au bout d'un long manche. L'utilisation sans discernement d'insecticide ou de nettoyeur à haute pression peut créer davantage de problèmes. L'effet irritant des poils persiste plusieurs années après la disparition des chenilles. Quand le traitement anti chenille disperse des poils dans l'environnement, ces poils peuvent causer des problèmes pendant des années.
• Le piège à base de phéromone de synthèse suspendu dans les pins, attire de fin juin à mi septembre les papillons mâles. Le piégeage de masse est efficace sous certaines conditions : nombre de pièges, surface où sont disposés les pièges, type de piège non saturable et avec un bon potentiel de capture.
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Un insecticide : GLU ARBORICOLE. .. Contre les chenilles processionnaires : en mars ( prévoir 2 à 3 anneaux d'au moins 10 cm de large ) - Contre les chenilles défoliatrices : d'avril à ... www.truffaut.com/.../id_plante/9467.html - 41k |
Pour les grandes surfaces :
• Lutte chimique : par pulvérisation aérienne d'insecticides, elle est de plus en plus abandonnée.
• Lutte biologique : la méthode la plus utilisée est la pulvérisation de toxines produites par une bactérie, le Bacillus thuringiensis var. kurstaki, qui est efficace contre les chenilles de lépidoptères. L'ingestion de ces toxines provoque la mort des larves par septicémie. Malheureusement cette toxine agit aussi sur d'autres larves de lépidoptères. Les spécialités commerciales homologuées en France ont une persistance d'action très courte, mais aussi une très bonne efficacité sur les stades âgés. L'utilisation en fin d'automne permet ainsi une bonne protection contre cet important ravageur des forêts tout en ayant un impact minimum sur d'autres chenilles du fait de leur non-présence.